De 1970 à 2012, écrit par notre ancien président-fondateur Julien DOPCHIE.
A plusieurs reprises, depuis quelques années, des membres de l’ASBL me demandent d’écrire l’histoire de notre asbl. Avec le désir de leur faire plaisir, j’ai souvent hésité, j’ai souvent presque pris la décision de le faire mais à chaque fois j’ai reculé : il n’est pas facile de se rappeler de tout car » la mémoire est une faculté qui oublie « .
De plus la mémoire est fort sélective: un détail émouvant prend facilement la place d’évènements plus journaliers et parfois plus importants. Enfin certaines circonstances sont plus personnelles ou confidentielles.
Malgré tout, me voilà devant la feuille blanche tenant mon courage à deux mains et priant le lecteur de me pardonner d’avance de mes oublis, de mes négligences ou de mes erreurs.
Tout a commencé lorsque, en fin 1969, ma tante religieuse, Soeur Vincent, née Eliane Dobbelaere, connue pour son dynamisme et son dévouement, me demanda si elle pouvait venir me trouver chez moi prochainement. Cette approche n’était pas coutumière chez elle qui allait souvent droit au but. Ce qu’elle voulait me demander ne devait pas être banal mais assurément important. Ce le fut, puisqu’elle a engagé toute ma vie.
Depuis quelques années, elle avait été en charge d’un home que sa congrégation avait à Russeignies. Il s’agissait d’un home pour ce que l’on appelait en ce temps là » les enfants du
juge « : appellation incorrecte puisque les enfants qui y étaient hébergés n’avaient commis aucune faute mais étaient victimes de difficultés ou de problèmes graves chez leurs parents. Sa congrégation, ayant d’autres objectifs, avait décidé d’en confier la gestion à un laïc, Monsieur M., présentant de beaux diplômes de médecine qui se seraient avérés » peu catholiques ». Par ailleurs, son intérêt pour les enfants aurait été douteux. Quoiqu’il en soit, il aurait quitté les lieux , comme on dit ‘ entre deux gendarmes’. Une trentaine d’enfants restaient donc là, abandonnés sans direction.
Ma tante venait me trouver pour savoir si je pouvais les aider !
En tant que membre du Service-club la Table Ronde, j’étais, cette année là, en charge du
» Service à la communauté « . La situation était favorable pour présenter ce cas aux membres de mon club. Ceux-ci acceptèrent de me soutenir dans ce projet, pour un an, à la condition que je me charge du suivi.
L’aventure commençait !
La première chose à faire était de trouver un directeur capable de redresser la situation et assez généreux pour prendre en charge la gestion du home et l’éducation des enfants. Je reçus quelques propositions accompagnées parfois de quelques pressions, mais, sans me laisser influencer, je fis, je crois, le bon choix. Monsieur Camille Sieuw, ancien directeur d’école à Dottignies, fut nommé et prit immédiatement en charge ses fonctions.
Il y avait beaucoup à faire ! Le bâtiment, bien que plus que centenaire, avait été bien entretenu par les soeurs mais le passage de Monsieur M. avait tout délabré, à tel point que lors de la visite du bâtiment ma tante se mit à pleurer. L’image qui restera toujours dans mon esprit est celle du w.c. du dortoir au premier étage, complètement bouché ,et dont le contenu coulait à travers le plancher dans le réfectoire. Le mobilier était abîmé ou cassé. Les lavabos cassés ou bouchés pour la plupart Ne parlons pas de la propreté qui régnait partout. En un mot, le désastre !
Mais la providence fait souvent bien les choses, car une amie de Monsieur Sieuw de passage pour l’encourager a battu le branle-bas de combat à Mouscron et les environs pour venir l’aider. Ainsi s’est créé le groupe d’amis, que l’on nommera plus tard, le Comité de soutien et sans lequel l’Espoir n’aurait sans doute pas pu se développer comme il l’a fait.
Ce même groupe désireux d’apporter un peu de joie pour la fête de Saint Nicolas chez ces enfants déshérités et leurs offrir quelques jouets et friandises eut la sensationnelle idée d’organiser un «Goûter aux crêpes».dont le succès fut si grand que le résultat dépassa toutes leurs espérances. Le signal était donné pour que deux fois par an un tel goûter soit mis au programme, toujours avec le même dévouement et le même succès.
Pendant les premières années, grâce à ce groupe, les enfants purent profiter, entre beaucoup d’autres choses, d’excursions à la mer, à Meli, à une descente de la Lesse, etc…
Pour nourrir les enfants et remonter la pente, il me fallait des sous ! Et pour récolter des sous, il fallait présenter un beau visage de gens respectables pour obtenir la confiance. C’est pourquoi je décidai de créer une ASBL dont feraient partie des membres de la Table Ronde ( Albert Delbar, industriel, Marcel Bersez, médecin, et moi-même ) des personnalités de Renaix ( Jacques Piessevaux, avocat, Marc Gribomont, industriel, Emile Pire, kiné ), des personnalités de Mouscron (Henri Coppin, notaire, Charles Bertholet, ingénieur, Jacques Debouvrie, marchand-tailleur) et le directeur Camille Sieuw. Cette asbl fut créée le 11 Mars 1970 devant le notaire Jean Lambert.
Rapidement, les membres du comité de soutien firent partie de l’asbl , assistèrent à toutes nos réunions et participèrent à toutes nos décisions. Ils s’agissait de Messieurs Jacques Debouvrie, Clotaire Piers , Fernand Loncke et Mesdames Jeanine Bogaert, Francine Desmet et Isabelle Defauw. Ils remplacèrent Messieurs Coppin et Bertholet.
Le notaire Jean Lambert, qui depuis le début faisait office de trésorier se joignit également à nous.
Malheureusement, par oubli, la modification de la liste des membres ne fut officialisée qu’avec retard au 24 février 1981
Tout semblait bien parti lorsqu’ arriva l’inattendu.
Jusqu’à la création de l’asbl, nous ‘ vivions ‘ évidemment des subsides de l’état, que recevait l’institution depuis toujours pour les enfants confiés. Le subside, à ce moment là, était de 169 Frs/jour/enfant et fut porté en Mai 1970 à 194 Frs ( qui, indexé, correspond environ à 15,50 Euros en 2012 ).
A la création de l’ASBL l’état nous coupa les subsides pour le motif qu’il s’agissait d’une nouvelle organisation et que nous devions d’abord »faire nos preuves » de bonne gestion et de home respectable.
Je vous laisse imaginer la situation avec 32 enfants à charge.
Ce fut une période d’activité intense pour récolter des fonds et des aides diverses. Je fis quelques causeries chez les Lions et au Rotary et évidemment à la Table Ronde pour expliquer nos besoins urgents. Nos amis mouscronois se plièrent également en quatre pour nous aider. Notre responsable politique renaisien me fit également le plaisir d’intervenir pour que notre agréation puisse être obtenue dans les délais les plus brefs.
Finalement, tout redevint normal après une période d’environ deux mois.
Cette période d’austérité forcée nous fut finalement salutaire car les subsides nous furent versés avec effet rétroactif et cela nous permit d’avoir une petite réserve dans les caisses. Le soleil remplaçait les nuages noirs et mon optimisme refaisait surface.
Les bâtiments mis à la disposition de l’ASBL pouvaient accueillir plus d’enfants et augmenter ce nombre dans des conditions valables permettait de réduire les coûts par enfant. L’équilibre du budget avec 30 enfants était difficile et trop juste. La décision fut prise d’accepter jusqu’à 70 enfants dont l’âge variait de 6 à 13 ans, suivant les demandes du ministère de la justice. Cette demande d’hébergement d’enfants était de plus en plus forte.
Vint alors un des moments très fort de mon parcours au sein de l’asbl : la demande de la Mère supérieure de la Congrégation des sœurs de la Miséricorde, Zuster Magdalena, propriétaire des bâtiments que nous occupions, de venir la trouver dans ses bureaux à la Rue au vin à Renaix. D’une façon très chaleureuse, elle me dit en substance mais d’une façon assez brève : « Monsieur Dopchie vous pouvez comprendre qu’en tant que propriétaire je doive entretenir les bâtiments et qu’en conséquence, pour couvrir les frais, je doive vous demander un loyer mensuel. ». Tout aussi gentiment et brièvement, je lui répondis : « Je n’ai pas d’argent et si je dois vous payer un loyer, je vous rends vos enfants ».Il y eu un long silence ! Nous nous regardions dans les yeux pendant de longues secondes puis j’ajoutai : « Si vous voulez éviter les frais d’entretien, il suffit de nous donner les bâtiments » Je puis voir qu’elle réfléchissait profondément en silence. Sa réponse fut longue à venir, mais enfin elle me dit « D’accord ». Cette réponse était pour moi une preuve qu’elle avait une entière confiance en moi et dans ce que je ferais pour les enfants : je ne peux pas assez l’en remercier.
L’acte notarial de cette donation fut signé le 14 octobre 1971 et l’arrêté ministériel fut ratifié le 30 octobre 1973
Cet acte signifiait en outre qu’en cas de dissolution de l’asbl les bâtiments seraient remis à l’entière disposition de l’Evêché de Tournai.
La donation englobait également l’école et la cours de récréation avec l’obligation de les tenir à titre gratuit à la disposition du comité scolaire du village, qui en assurerait la bonne conservation et l’entretien.
Sœur Magdalena nous permit également d’occuper temporairement comme plaine de jeu les terrains situés derrière le home, et ceci jusqu’à leur mise en vente. Nous avons pu en profiter pendant de très longues années !
Dans les semaines qui suivirent, Monsieur Sieuw, victime de sa générosité et de son engagement total, commença malheureusement à avoir des ennuis de santé et il devint clair que son remplacement deviendrait inévitable. L’asbl engagea Monsieur Marc Boils comme directeur adjoint. Il avait une expérience des enfants placés et nous espérions qu’il trouverait vite sa place. Ce ne fut malheureusement pas le cas: la gestion des éducateurs et du personnel dans un home important l’a rapidement dépassé. Dans la réunion du 6 Février 71, les membres de l’asbl prirent la décision de le remercier.
Trouver un nouveau directeur n’est pas chose aisée. Heureusement, j’avais appris à connaître au clan scout un jeune enseignant, actif , intelligent et plein d’idéal. A ma grande satisfaction, Monsieur Guy Stockman accepta ma proposition de prendre la direction du home.
Les moyens financiers de l’asbl restaient restreints et c’est avec reconnaissance que nous acceptions les aides et les dons. Nous progressions de jour en jour mais je regrettais de devoir toujours répondre négativement aux demandes renouvelées et justifiées de certains membres de l’asbl de construire de nouveaux locaux : je ne voulais pas prendre la responsabilité de mettre tous les membres de l’asbl dans des difficultés financières en cas d’incapacité de l’asbl de payer ses factures. Ceci d’autant plus que l’achat d’un nouveau véhicule pour le transport des enfants avait dû se faire.
Mais le destin vous pousse parfois dans le dos ! Ce fut le cas lorsque l’on m’apprit qu’un enfant, afin de voir plus clair dans la chambre avait mis le feu à un petit tas de journaux. Imaginez un petit feu sur un plancher de plus de 100 ans ! Un cauchemar ! Dans mon sommeil, je voyais une vingtaine de victimes dans un incendie. Oui, en effet, il nous fallait de nouveaux bâtiments ! L’architecte Devolder de Mouscron fut rapidement désigné. L’aile de droite comprenant la chapelle et une partie du dortoir serait démolie. dans une première phase puis suivraient les travaux dans la partie centrale. En septembre 1972, on contacta six entrepreneurs pour remise de prix et c’est la firme Deweerdt de Kuurne qui remporta le marché. Les travaux débutèrent immédiatement et l’année 1973 fut vécue dans les difficultés dues à la construction mais malheureusement aussi dans celles liées au payement des factures. Il fallut jongler mais finalement tout s’arrangea. C’est avec joie et soulagement que l’asbl obtint en Mai 73 l’aide financière de la Loterie Nationale demandée l’année précédente. Pendant toute la période de travaux, l’asbl pu dire un énorme merci au Comité de soutien pour l’aide apporté grâce aux bénéfices des goûters aux crêpes et des dons divers de vêtements et de mobiliers.
Les enfants n’étaient plus en dortoir mais en petites chambres individuelles et chaque étage avait sa salle avec les lavabos, les douches et les deux W.C. Il restait à acheter les lits, les armoires, les meubles pour la salle de séjour.
Afin de fixer les idées de ceux qui veulent bien lire cette histoire de la vie de notre home il me semble bon qu’ils puissent se faire une idée du coût de cette ‘entreprise’. Sachez donc qu’en 1974, nos dépenses ( sans compter les frais de transformation des bâtiments ) étaient de 10.141.000 Frs dont 6.430.000 Frs de frais de personnel. Ces chiffres peuvent donner une petite idée des problèmes qu’il y a à résoudre au quotidien.
Malgré les difficultés financières, l’asbl décide d’entreprendre en 74 les travaux de la partie centrale sur la base des deux étages comme prévu dans les plans initiaux.
Mais ici encore rien n’est facile : vers le milieu de l’année, le ministère nous impose des conditions de travail du personnel impossibles à pratiquer et à payer. Tout le secteur de la protection de la jeunesse est en ébullition et le personnel de notre maison s’associe au préavis de grève. Heureusement finalement tout s’arrange et s’apaise.
Mais les accords en hauts lieux et les changements continuels ne facilitent pas les décisions à prendre sur le terrain : un changement dans la façon de calculer les subsides associé à l’augmentation des prix des services extérieurs ( fourniture des repas et blanchisserie ) nous amène à la décision d’organiser ces services en interne. Il ne nous manque que le matériel et l’argent pour l’acheter car le ministère n’accorde aucun subside pour cela. Cependant nous ne changeons pas notre ligne de conduite et notre appel à la générosité de 48.81.00 sera entendu favorablement.
Un grand pas reste à franchir pour mener à bien le financement des travaux aux bâtiments !
Après de nombreuses démarches, nous obtenons l’accord de la banque C.G.E.R. de nous octroyer un prêt hypothécaire de 2 Millions de francs ( ce qui correspond en 2012 à environ 6.500.000 de Fr.B . ou 160.000 Euros ) à un taux de 11,5%, remboursable en 30 semestres et surtout avec la caution solidaire de Messieurs Piessevaux, Delbar, Bersez, Pire, Lambert et moi-même. La banque ne prenait pas beaucoup de risque ! Je veux adresser aujourd’hui un énorme merci à tous ces amis impliqués dans la vie du home et qui ont eu foi dans la réussite de notre projet.
L’année 1975 verra la fin des gros travaux mais cela ne fut pas sans quelques difficultés autres que financières car nous dûmes envoyer des lettres recommandées et tenir différentes réunions avec l’architecte et des entrepreneurs pour des problèmes de revêtement de sol et d’humidité.
Quoiqu’il en soit, notre raison d’agir restait toujours le bien des enfants qui nous étaient confiés et si l’existence d’un home à la campagne a quelques avantages il a aussi quelques inconvénients. Ces enfants restaient souvent pendant des années dans un lieu relativement clos et protégé. Dès le début, j’ai souhaité qu’ils n’aillent plus automatiquement à l’école qui jouxtait le home et en faisait presque partie intégrante mais qu’ils soient répartis dans les écoles qui leur convenaient le mieux. Cela provoqua d’ailleurs de petites frictions avec les responsables de l’école qui perdaient ainsi quelques élèves et les obligeaient à visiter les familles du village pour les inciter à envoyer leurs enfants chez eux et arriver ainsi au quota nécessaire au maintien d’une des classes.
De même, j’estimais que les plus âgés devaient apprendre petit à petit la liberté dont ils jouiraient totalement en quittant le home à leur majorité. Dans ce but, nous avons décidé de créer la
‘ Maison des aînés ’. et de louer pour cela une maison à la Rue Oswald Ponette à Renaix. Cette maison ferait partie intégrante du home et n’y iraient que les enfants éduqués chez nous. Un règlement spécial fut étudié pour eux : une assez grande liberté accompagnée d’une discipline stricte et librement consentie par les jeunes, un suivi encore plus individuel tout en gardant une unité et une responsabilité de groupe. Nous voulions que règne dans cette maison une ambiance similaire à celle d’un ménage normal. La maison fut aménagée pour recevoir sept enfants et certaines chambres resteraient donc vides pendant un certain temps afin de garder de la souplesse. Malheureusement, le ministère qui avait de très nombreuses demandes de placement nous obligea d’accepter dans ces chambres vides des enfants nouvellement placés, assez difficiles et que nous ne connaissions pas. Les règles d’acceptation dans la maison furent donc modifiées. Au cours des années qui suivirent, nous eurent différentes plaintes de commerçants et de la police. Les éducateurs, très motivés et dévoués, faisaient de leur mieux mais l’évolution n’était pas très positive. L’état d’esprit qui aurait du exister dans la maison n’était plus conforme à notre désir et à notre projet. A regret, nous ne pouvions plus continuer valablement avec le même programme et le projet dut être modifié. Il devint la « maison du dernier accueil » où des adolescents de 15 à 21 ans étaient admis en vue de leur (ré)insertion socio-économique. Finalement, en septembre 1980, l’asbl décida de mettre fin au bail de location de la maison de Renaix pour mars 81 après 6 ans d’occupation. Suite à une décision ministérielle et pour faciliter la restructuration des groupes d’enfants qui eu lieu à ce moment là, une prolongation fut décidée.
A la fin mai 1975 nous avons la joie de recevoir de la Loterie Nationale un subside de fonctionnement pour les années 72, 73 et 74 ainsi qu’un subside d’équipement pour la maison des aînés, ce qui met un peu d’ ‘ huile dans les rouages ‘
Ce qui nous fait bien plaisir également c’est que notre home est bien noté par les autorités et en particulier par Monsieur le juge Millet avec lequel nous avons des contacts réguliers et qui nous envoie de nombreux enfants suivant nos capacités à les accepter.
La direction et le personnel mettent de plus en plus l’accent sur leur tâche éducative et donnent une plus grande importance au comportement de chaque enfant individuellement. Grâce à la transformation des bâtiments et l’ouverture de la maison des aînés les groupes d’enfants peuvent être restructurés et mieux suivis par les éducateurs et l’assistante sociale. La présence d’un psychologue stagiaire favorise l’attention portée au comportement de chaque enfant vis à vis de ses parents, des autres enfants, des éducateurs, des professeurs et oriente les éducateurs dans leurs façons d’agir. Le personnel d’entretien est également motivé à maintenir dans un parfait état les endroits de vie. Tout ceci m’a permis d’écrire pour les amis présents au goûter aux crêpes : « C’est « l’âme » de notre maison qui a changé. Ne cherchez plus cette tristesse profonde et indéfinissable au fond des yeux des enfants, ne cherchez plus les marques de l’abandon sur les visages de ces jeunes. »
En juin 1976, après toutes les discussions des responsables des homes avec le ministère, le subside fut porté à 519 Frs/jour/enfant : Il devait couvrir tous les frais : habitation, salaires du personnel ( environ 70% ), nourriture, eau, gaz, électricité, assurances, cotisations, loisirs…
La fin de l’année nous apporta également quelques bonnes nouvelles financières : obtention d’un subside de fonctionnement pour 1975 de la Loterie Nationale et un re-calcul favorable des subsides du Ministère de la justice pour les années 74 et 75.
Ne croyez pas que pendant ces premières années d’existence du home nous ne nous soyons pas préoccupés des enfants même si la question financière prenait une place importante dans notre esprit. La présence très régulière des membres de l’asbl à Russeignies encourageait les responsables mais surtout leur faisait connaître les enfants, leurs besoins et leurs aspirations. Aujourd’hui encore , après tant d’années, de nombreux membres de l’asbl connaissent encore les noms de certains enfants et se souviennent de leurs visages. Beaucoup de souvenirs, joyeux attendrissants ou parfois tristes sont gravés à jamais dans nos mémoires. Pendant ces années, les enfants ont pu profiter de nombreuses fêtes, de belles excursions, de matchs de foot, de fêtes de St Nicolas et de Noêl inoubliables.
Maintenant que le gros œuvre des bâtiments est terminé et que la question des payements a perdu de sa vigueur, les réunions de l’asbl traitent surtout de la vie des enfants, de leur éducation et du travail des éducateurs qui est mieux secondé et suivi.
L’asbl engage un psychologue à mi-temps pour avoir les contacts avec les enfants et conseiller les éducateurs de sorte que ceux-ci aient les meilleures relations possibles avec les enfants dont ils ont la responsabilité. Elle nomme aussi un chef éducateur afin de faire le lien entre la direction et les éducateurs, lier les contacts nécessaires avec les écoles, aider les éducateurs pour le suivi des études, inspecter les locaux, coordonner les activités des différents groupes, garder un ‘carnet de bord’ pour l’évolution de chaque enfant et de ses besoins.
Pour la période76/77, le personnel au service des 63 enfants se composait de un directeur, une rédactrice, un assistant social, un infirmier à mi-temps, un psychologue à mi-temps, un commis à mi-temps, une chef éducateur, douze éducateurs et six personnel aidant.
En 1978 le Ministère de la jeunesse prend en compte une des demandes des homes au sujet du personnel et accepte de subsidier 4 éducateurs par 12 enfants au lieu de 18. Cela nous permet d’engager 4 éducateurs en plus tout en donnant une promotion à 4 éducateurs déjà en place.
Cette amélioration nous incite à structurer les groupes dans le home suivant le sexe et l’âge et d’ouvrir une nouvelle maison d’accueil.
Cette maison serait réservée aux enfants de tout âge privés de leur milieu familial d’origine et porterait le nom de PRIMIFADOR. Au lieu de louer une maison pouvant accepter 12 jeunes et d’y effectuer les transformations indispensables, la décision fut prise de louer trois maisons attenantes, nouvellement construites par la commune à Frasnes. De petites transformations permettaient de les rendre communicantes et conformes aux normes du Ministère de la Justice.
La décision de fermeture de la Maison des Aînés étant prise, il restait 3 jeunes continuant à faire partie du projet. Nous avons pu les installer au Scheldekouter ( studios appartenant à la ville ) à Renaix.
Notre structure au début de 1981 était donc de 4 groupes à Russeignies ( cadets , juniors, seniors et filles ), un groupe à Frasnes, un groupe à Renaix.
Notre home était agréé pour recevoir 72 enfants.
Un problème se posait : si durant deux ans consécutifs le taux d’occupation est inférieur à 80% du chiffre de l’agréation celui-ci est ramené d’office au chiffre d’occupation, ce qui entraînait une diminution du personnel. Cela impliquait une présence de 58 enfants et il n’y en avait à ce moment là que 54.
Le projet de la Maison des aînés revient à l’ordre du jour et nous envisageons la location d’une maison en bon état pour environ 5 travailleurs issus au départ du home. Cette maison ne se localiserait plus à Renaix mais à Leuze ou Ath car il s’agit de régions peu couvertes par des institutions pour adolescents et qu’il y a des demandes de travailleurs Cette localisation n’est envisageable que si l’adresse du siège social est modifiée car une institution peut avoir autant d’annexes qu’elle veut pour autant que celles-ci se trouvent dans un rayon de 15 Km à vol d’oiseau du siège. En déplaçant le siège à Frasnes nous pouvons couvrir un terrain plus large en région francophone. Ce changement d’adresse fut réalisé en février 1981.
En réunissant les groupes cadets et juniors ( qui étaient sous-occupés) nous pouvons créer un appartement communautaire pour adolescents de 16 à 21 ans capables de vie en semi-autonomie.
Cette année 1981 nous fêtons également le 20eme Goûter aux crêpes et profitons pour remercier très chaleureusement tous les dévoués volontaires qui rendent ces manifestations possible. Nous disons aussi un grand merci à tous ceux qui par leur présence rendent notre action possible.
La situation financière s’améliore petit à petit grâce aux sommes allouées pour l’amortissement du bâtiment, aux apports du comité de soutien, à quelques dons et à la Loterie Nationale qui nous gratifie régulièrement d’un subside de fonctionnement Les subsides de l’état sont revalorisés, mais l’état n’est pas régulier dans ses payements, ce qui rend la gestion parfois difficile à cause des retards.
Tout en gardant à l’œil les ‘cordons de la bourse’, nous continuons à privilégier le bien être et le bonheur des enfants. Le mobilier s’améliore, les activités en dehors du home se multiplient, des ateliers créatifs se forment et les périodes de vacance sont bien remplies.
La situation du home à la campagne nécessite évidemment de nombreux déplacement en voiture ce qui entraîne la décision d’acheter deux voitures 2 CV en supplément de la camionnette qui a du être remise en état.
En fin 81, nous trouvons à Moustier une maison pouvant convenir pour notre projet des aînés mais le prix est trop élevé et par expérience nous savons que les frais nécessaires pour satisfaire les exigences des pompiers sont fort élevés. Ne vaut-il pas mieux construire ? La décision est remise à plus tard dans l’attente de renseignements plus approfondis.
A cette même période, nous décidons d’aider deux anciens du home, qui y ont rencontré l’amour et se sont mariés, en leur octroyant un prêt dans le but de compléter le montant nécessaire à l’achat d’une maison.
Au mois de mars 82, les informations prises nous renseignent que les frais de transformation et d’installation de moyens de prévention et de lutte contre l’incendie seraient de l’ordre de 2.500.000 Frs soit presque autant que la valeur de la maison. Nous nous dirigeons donc vers la solution d’une construction répondant dès le départ aux exigences des pompiers : des démarches seront faites pour obtenir des projets.
En septembre, nous devons laisser tomber complètement notre projet car par décret le Ministre Monfils veut d’abord planifier les implantations des maisons d’enfants avant d’encore accorder la moindre agréation.
Nous sommes également au regret d’apprendre le décès de Monsieur Sieuw auquel unanimement tous les membres du conseil d’administration rendent hommage pour tout le travail qu’il a fait pour le home.
Cette année encore la Loterie nationale nous octroie les subsides de fonctionnement.
Nous avons aussi le plaisir de recevoir un don assez important d’une dame de Mouscron qui a apprécié ce que nous faisons dans le home.
En fin 82 nous ne recevons pas les subsides que nous devions recevoir car le budget de l’Office pour la Protection de la Jeunesse est épuisé : ‘il est prévu’ que les sommes dues nous parviendraient dans le courant de février ! Nous nous débrouillons en bloquant pendant deux mois les cotisations du 4eme trimestre de l’ONSS,le précompte professionnel du mois de janvier et le payement de la voiture 2CV. Finalement, prétextant de ‘problèmes d’ordinateurs’, les versements nous sont promis pour le 15 mars soit avec un retard de 2 ½ mois. Cet ennui financier, nous confirme que notre décision de constituer une réserve couvrant les sommes correspondant aux salaires était judicieuse.
En fin 82 le nombre d’enfants dont nous avons la charge est de 61 dont 49 de plus de 12 ans et 12 de moins de 12 ans ; ces chiffres couvrent l’exigence des 80% du chiffre de l’agréation.
Au taux d’index de 243,79 le subside journalier est de 1430 Frs, ce qui donne pour le home un budget annuel d’environ 31,5 millions dont environ 22 millions pour le salaire du personnel.
Sur le plan financier toute l’année 83 sera placée sous le signe des difficultés de l’état à régulariser sa situation vis à vis des homes suite aux retards de fin 82 et des continuels changements dans les règles et les taux de subsidiation. Notre travail de comptabilité n’en est évidemment pas facilité En contre-partie, à chaque trimestre, nous demandons un délai de deux mois pour le payement de l’ONSS, ce qui à chaque fois nous est accordé vu la situation.
Au point de vue éducatif, nous ne restons cependant pas inactifs et un projet innovant est étudié et mis sur pied. L’objectif est la mise au travail d’adolescents en vue d’une intégration progressive et plus particulièrement d’adolescents qui n’accrochent plus et se marginalisent. Ce projet est rendu possible par l’exploitation des terrains laissés à notre disposition lors du don des bâtiments et s’accompagne de la commercialisation des produits maraîchers à l’institution et à l’extérieur.. Le projet entraîne l’engagement immédiat d’un travailleur à plein temps. L’opération 48.81.00 nous aidera pour l’achat de matériel. Ce projet peut faire partie d’une organisation plus large soutenu par le Fonds Social Européen ; cela implique cependant un budget, des facturations et une comptabilité séparés. Afin de répondre à ces exigences les membres du Comité de soutien décident d’officialiser leur groupe en créant une asbl nommée CSEMA ( Comité de soutien pour l’enfance moralement abandonnée ) dont les statuts établis devant notaire le 12 Juin 84 parurent au moniteur du 1er août 1985. Les membres étaient Mr et Mme Jacques Debouvrie, Mr et Mme Francis Demat, Mr et Mme Clotaire Piers, Mr et Mme Loncke, Mr et Mme Michel Vercruysse et Mme Béatrice Bintein, veuve de Mr Alain Debouvrie, qui avait été un ami du home l’Espoir dès la première heure et à qui nous voulons rendre hommage ici. La présidence fut confiée à Monsieur Jacques Debouvrie. Bien que le projet doive, pour obtenir les subsides de la FSE, être totalement distinct de l’asbl Espoir, notre asbl marque son accord de lui donner tout le soutien possible. Certains locaux sont mis à la disposition du projet et les gouttières du coté cour sont renouvelées afin de supprimer l’humidité de certains murs de ces locaux. Malgré les résultats prometteurs du départ, les encouragements reçus des instances de placement, la mention ‘bien’ reçue pour le dossier comptable envoyé et accepté par la FSE et la mention ’très bien’ méritée pour les rapports pédagogiques et d’évaluation sociale, les jeunes et les responsables se découragèrent et le projet ne dura qu’environ trois ans.
En début 84,le ministre des affaires sociales, Monsieur Monfils, modifie les agréations et limite la nôtre à 66 lits ce qui implique une diminution du personnel de 3 ½ temps plein. Nous aurons donc droit à un directeur, une rédactrice, 2 assistantes sociales, une infirmière à mi-temps, un chef éducateur, 22 éducateurs, 6 ½ personnels d’entretien.
Pendant plus de 13 ans, Monsieur Guy Stockman se dévoua corps et âme pour le bien du home et des jeunes confiés. Il prit à cœur tous les problèmes que nous avons connus pendant ces premières années et fut toujours disponible. Je tiens à le remercier tout spécialement ici pour ce qu’il a réalisé. L’entente était parfaite avec les membres de l’asbl et tous les enfants l’aimaient. Sa relation avec chacun d’entre eux était si importante qu’il leur consacrait tout son temps. Il n’avait plus une minute à lui ! A plusieurs reprise, je lui ai demandé de prendre du repos mais toujours mes conseils restèrent vains. A ce rythme malheureusement, il ne pu éviter des problèmes l’empêchant de continuer la fonction de direction d’une maison importante. Par ailleurs, la gestion du home devenait très difficile suite aux modifications incessantes qui étaient imposées aux maisons d’enfants. Les remarques et observations des inspecteurs du ministère s’accumulèrent. Après plusieurs entretiens, nous avons finalement du prendre le 25 octobre 84 la décision de nous séparer de lui après la période de préavis légal. En nous souvenant du passé, nous avions tous le cœur gros mais la vie même du home était en danger car si tout n’était pas en ordre dans les six mois le Juge de la jeunesse et le Ministère de la Justice nous menaçait de ne plus nous confier d’enfants et même de fermer l’établissement.
Dans l’attente de trouver un successeur et dans l’urgence imposée par le ministère, la décision fut prise de nommer une direction collégiale pendant un court laps de temps. Chaque titulaire d’un poste important avait en charge la responsabilité totale de son secteur d’activité : la chef de groupe, la rédactrice, l’infirmière, un assistant social et une assistante sociale. Fonctionner sans un chef à la tête n’est assurément pas une formule idéale mais nous devions répondre dans les plus brefs délais aux attentes du Juge de la jeunesse et des différents inspecteurs de l’Etat. Cette équipe, avec laquelle j’eus des contacts nombreux et très réguliers, fonctionna le mieux qu’elle put pendant cette période de transition et afin de nous assurer de repartir sans arriéré nous avons fait appel à l’aide d‘un responsable technique de la fédération FISAJ.
En début décembre 84, après avoir rencontré quelques candidats, les membres de l’asbl décident d’engager Monsieur Pierre Deplechin au poste de chef éducateur tant que le poste de directeur n’est pas libéré administrativement, mais avec l’engagement de le nommer à ce poste dès que cela sera possible .Il est âgé de 26 ans et a obtenu le grade de licencié, agrégé de l’enseignement secondaire supérieur en décembre 82 à l’université de l’Etat à Mons, option orthopédagogie. Lors de la réunion de présentation, j’ ai informé le personnel que la direction collégiale prenait fin car n’ayant plus de raison d’être et j’ai insisté au nom de l’asbl pour que la hiérarchie soit toujours bien respectée. Quelques mois plus tard, et toujours pour des raisons administratives, un changement de statut est demandé : il est nommé au poste de Psycho-pédagogue ayant la responsabilité de chef de maison.
Dès la prise en charge de ses responsabilités, le nouveau ‘directeur’ organise une remise en ordre de la maison de Frasnes dont l’organisation matérielle et pédagogique laissait fort à désirer. Il restructure également les réunions avec les responsables de groupe et celles avec les mineurs. Des règlements plus stricts et plus exigeants sont établis pour les éducateurs et les enfants.
Petit à petit tout se met en place et les inspections de l’Office de la Protection de la Jeunesse. qui se font environ tous les 15 jours redeviennent positives. Cependant le nombre des enfants confiés avait baissé jusqu’à 43. Pour arriver au taux minimum de 80 % d’occupation nous devions revenir au moins au nombre de 60 avant le fin de 1985 sous peine de devoir licencier du personnel. Le nouveau directeur fit le tour de juges de la jeunesse pour se présenter et afin d’obtenir à nouveau des placements.
Malheureusement malgré ces avancées un mauvais esprit naissait au sein des responsables qui avaient formé la direction collégiale. Ils abandonnaient difficilement l’autorité qui leur avait été confiée. Une opposition systématique se fit jour contre la nouvelle direction. A plusieurs reprises je dus intervenir fermement et même envoyer en fin février une lettre à tous les membres du personnel. Celle-ci insistait, entre autres, sur le fait que Monsieur Deplechin avait reçu de l’asbl les pleins pouvoirs de direction et que ceux qui ne désiraient pas suivre ses directives avaient la totale liberté de présenter leur démission et de s’engager ailleurs. Le ton de cette lettre était suffisamment net que pour indiquer que tous les membres de l’asbl soutenaient la nouvelle direction et n’entendaient pas que de mauvais esprits entravent son action en faveur des enfants.
Certains comprirent mais d’autres s’obstinèrent. Le vase déborda lorsque, sans prévenir personne et sans que quelqu’un les remplace à l’endroit où ils devaient être avec les enfants, les membres de l’ancienne direction collégiale se rendirent à Bruxelles au ministère.. Il s’agissait d’un abandon de poste que je ne pouvais accepter. Il fut décidé de donner leur préavis aux membres de cette ancienne équipe qui étaient en contact continuel avec les éducateurs et les enfants. Cette décision salutaire remit les choses en place et le travail constructif put reprendre.
En début septembre 85 l’asbl eut la douleur de perdre Monsieur le notaire Jean Lambert : merci Jean pour ton aide incessante depuis le début et pour ton amitié.
Après cette période troublée et difficile, l’analyse de la situation financière est bonne et saine et la comptabilité a été régularisée : le remplacement des gouttières du côté façade que l’on avait remis à plus tard il y a quelques années, peut se faire. De même, il est procédé à l’aménagement du bureau du directeur et à la remise à neuf de quelques locaux.
Pour les enfants, l’asbl décide d’acheter une TV couleur pour chaque groupe.
Etant donné que la situation financière est équilibrée et que l’asbl a les réserves nécessaires pour faire face à des frais inattendus, le comité de soutien décide de ne plus organiser qu’un goûter aux crêpes par an. La date du 11 Novembre est retenue pour tous les ans.
Le plus important cependant est qu’un nouveau projet pédagogique est étudié et adopté. Il est basé sur les principes d’acceptation, d’empathie, de congruence et d’analyse comportementale. L’ Espoir étant une institution catholique mais que la venue régulière d’un prêtre n’a jamais pu être obtenue, il a été tenté de créer un groupe de prières au sein du home qui fut animé par une catéchiste. Les enfants n’avaient évidemment aucune obligation d’en faire partie. Malgré toute la bonne volonté de l’animatrice, que je remercie sincèrement ici, le petit groupe du début s’est effrité petit à petit pour finalement disparaître.
Pour l’année 85, le taux d’occupation moyen n’ayant été que de 74 % il s’avère indispensable de demander une diminution de la capacité de notre maison et de passer à une capacité de 61 lits dès le 1er mars 86. Cela nous fait perdre un mi-temps de personnel d’entretien et un mi-temps d’éducateur. De plus quatre préavis ont été donnés à des éducateurs pour le cas où nous n’aurions pas de placement avant le mois de juillet 86. Heureusement une douzaine de rentrées a pu être notée ce qui a permis d’annuler ces préavis et également de demander que la diminution d’agréation soit limitée à 63 lits au lieu de 61.
Pour le transport des enfants il est décidé cette année d’acheter une camionnette neuve de marque Citroën : une dépense importante ( 540.000 Fr. ) mais finalement plus rentable que l’achat d’une des quelques occasions qui nous sont présentées.
En fin d’année, l’asbl décide le remboursement anticipé du solde de l’emprunt hypothécaire fait en 1975 et dont la taux d’intérêt était fort élevé.
Pendant les premiers mois de 87 le nombre d’enfants qui nous sont confiés augmente encore de sorte que la requête est faite d’annuler nos demandes antérieures de diminution de capacité.
Toujours soucieux d’améliorer petit à petit les bâtiments, l’asbl décide le remplacement des chaudières et la réfection des trois salles de bain.
Cette même année le ministre prend un arrêté qui introduit un certains nombre de changements importants relatif à l’octroi des subventions. Il introduit une plus grande liberté dans l’organisation des institutions. Il détermine le nombre d’emplois auquel chaque institution a droit et alloue une subvention forfaitaire pour chaque emploi. Cette plus grande liberté va de pair avec l’obligation d’un rapport d’activités éducatives et l’introduction du Plan comptable normalisé. De plus, la vérification des comptes devra se faire par un expert-comptable extérieur. Pour les maisons importantes comme la nôtre la direction sera composée de trois personnes ( général, pédagogique et administratif ) dont la qualification permettra un meilleur suivi des aspects pédagogiques et administratifs. Afin de répondre aux exigences de cet arrêté l’asbl paye au directeur et au responsable administratif les frais des cours de formation.
A titre informatif veuillez noter qu’en 1987 le montant total des dépenses en frais de personnel est de 28,7 millions.
En fin 87,vu l’état déplorable de la maison de Renaix, l’asbl décide de bloquer des fonds afin d’acheter une grande maison avec jardin située à Renaix Rue de la Pierre Bleue et d’y faire les transformations et les réparations nécessaires. Le comité de soutien, grâce aux bénéfices des goûters aux crêpes, aura la gentillesse d’acheter les meubles nécessaires. L’emménagement se fera pour la fin avril 1988.
Cet achat et les frais de mise aux normes ont évidemment asséché les réserves et c’est à ce moment là que la Communauté Française nous avertit que son budget n’étant pas encore voté, elle ne pourra nous verser les subsides ( près de 3,8 millions ) qu’avec un mois de retard. Bien sur, nous retardons également le payement de l’ONSS, mais cela ne facilite pas le travail de suivi des comptes ! Les achats prévus de matériel de cuisine pour les différents groupes et de l’imprimante sont remis à l’année suivante. Dans le budget 89 l’on prévoit le minimum d’investissement.
Pour la direction financière et administrative nous engagerons en fin 88 Monsieur Donnez, licencié en sciences économiques.
En fin septembre, comme il n’était plus utile que l’asbl ait son siège à Frasnes, nous rechangeons notre adresse officielle pour revenir à Russeignies.
Dans le courant de 89 nous sommes contactés par l’asbl gérant de la salle Saint Paul située à la place d’ Anseroeul,.Elle envisage de nous faire don de cette salle des fêtes qui nécessite des travaux. Comme cela pourrait servir à donner du travail à certains jeunes du home un accord de principe est donné. Cette salle, après aménagement pourrait servir aux loisirs des jeunes, aux réunions et aux fêtes. Elle pourrait également être mise occasionnellement en location. Le donateur se garde le droit d’y organiser, avec préavis de deux mois, des réunions de la fanfare à quelques reprises pendant l’année. En cas de dissolution de l’Espoir le bien reviendra gratuitement à l’évêché de Tournai. Le 11 janvier 90 l’acte de donation est signé devant Monsieur le notaire Flament.
Autre bonne nouvelle : nous sommes informés par Monsieur le notaire Cambier que nous hériterons de Madame Devos qui est décédée au mois de juin. Nos pensées vont vers elle pour la remercier.
Pendant ce mois de Septembre 89 j’ai été fortement choqué par le fait de constater qu’à la sortie des magasins Delhaize et GB, un groupe de personnes, amenées en voiture de Bruxelles, vendaient des cartes postales au prix exorbitant de 200 Fr. au profit de l’Espoir , sans indication d’adresse. Mon intervention et mes menaces d’appeler la police ont arrêté immédiatement leur trafic. Mes informations m’ont appris par la suite qu’il s’agissait d’une asbl créée à Bruxelles, au début de l’année, par trois personnes ( Monsieur, président, et Madame, vice-présidente + un trésorier ) J’ai pu les contacter au téléphone pour les menacer d’une plainte en justice en cas de récidive.
Afin de nous mettre en règle pour les assurances incendie nous avons fait évaluer nos bâtiments en valeur à neuf. Les chiffres remis par l’expert de l’assurance AG sont de 65 millions pour le home de Russeignies et de 8,5 millions pour la maison de Renaix. Donnant pour raison que ce sont des enfants à risque qui occupent nos maisons la compagnie AG refuse dorénavant de couvrir le risque incendie. Nous avons donc fait appel à la compagnie Eagle Star pour nous assurer pour les montants de l’estimation. Nous couvrons également le mobilier pour les sommes de 5 et 2 millions.
Cette année a vu l’âge de la majorité civile abaissé à 18 ans à partir du 1er mai 1990. Cela a bien sûr un impact sur la population du home. La règle générale est : après 18 ans le jeune a le droit de demander une prolongation de 2 ans maximum sauf les délinquants jugés après l’âge de 17 ans qui peuvent se voir encore imposer le placement jusqu’à l’âge de 20 ans. Dans tous les cas, les jeunes doivent avoir quitté les ‘ bâtiments’ à l’âge de 18 ½. ans. Ils sont dès lors suivis en dehors de l’institution. Suite à cette diminution presque automatique du nombre d’enfants dans les homes un accord est passé entre les fédérations, les syndicats et le cabinet pour diminuer toutes de maisons de 10% de capacité subventionnée avec maintien de la masse salariale. Cette diminution de 10% ne nous convient absolument pas et nous écrivons au ministre pour lui demander le maintien de notre agréation de 66 lits étant donné que notre pourcentage d’occupation pendant toutes les années de début 87 à juin 90 a varié de 91 à 96%, ce qui prouve la demande des juges et l’appréciation positive qu’ils ont de notre travail.
Le bilan de fin 90 montre que nos finances sont à nouveau sous contrôle grâce aux dons, au subside habituel de la Loterie nationale et aux montants des dotations aux amortissements.
Pour 91 nous prévoyons la renouvellement du carrelage dans le groupe des seniors, des travaux à la toiture et l’achat de mobilier et d’un ou deux véhicules.
La rénovation de la salle Saint Paul ( destruction des dépendances inutilisables, arrivée d’eau, nouveau sol en béton, nouvelles portes et châssis, sanitaires, cuisine, nouveau plafond et nouveau bar ) se fera assez rapidement et l’inauguration pourra avoir lieu au second trimestre 91.
Dans le courant du mois de novembre des transformations auront lieu dans l’ancien appartement qu’avait occupé un éducateur pendant un an ou deux.
Chaque année, lors des réunions du C.A. nous évoquons le goûter aux crêpes et l’aide financière importante que cette activité apporte ; à chaque fois nous profitons de l’occasion pour remercier tous ceux qui s’en occupent et qui aident au bon déroulement de ces festivités. Nous remercions aussi tous ceux qui chaque année nous donnent un lot très important pour la tombola. Cette année nous avons aussi le plaisir de savoir que le premier prix de la tombola, une belle cave à vin, a été gagné par un ancien du home.
Pour 1992 l’asbl prévoit l’achat d’un minibus ainsi que l’installation d’une nouvelle centrale téléphonique. Ceci sans compter les dépenses plus courantes : machines à laver, séchoir, frigo, mobilier, matériel pour le personnel d’entretien.
Un problème existe également au niveau du chauffage : pendant la journée les enfants sont absents mais tous les bâtiments sont chauffés pour avoir de la chaleur dans les bureaux et le soir c’est l’inverse. La solution à cette situation qui sera mis en œuvre avant l’hiver nous permettra une économie importante
Les enfants que nous accueillons à ce moment là proviennent des juridictions de Bruxelles ( 28 ) de Tournai ( 24 ), d’Audenaerde ( 9 ) de Charleroi ( 1 ) et de Mons ( 1 )..Leur âge a tendance à diminuer , car nous hébergeons maintenant déjà 11 enfants de moins de 8 ans au lieu de un seul il y a un an.
Le 6 décembre 92 nous sommes au regret d’apprendre le décès de Monsieur Marc Gribomont qui dès le début accepta de faire partie de notre asbl et qui, en de nombreuses occasions, nous aida de ses conseils. En tant que dirigeant de l’importante usine textile renaisienne Utexbel il pu aider certains jeunes dans leur recherche de travail. Nous n’oublierons pas ce qu’il a fait pour notre asbl.
En 1993 des investissements assez importants sont programmés. Chaque année nous devons constater que les murs des couloirs et des escaliers sont très rapidement fort sales et abîmés malgré qu’ils soient repeints régulièrement : il est décidé de carreler les couloirs d’entrée des. Par ailleurs, le matériel de bureau se fait vieux ; l’achat d’ordinateurs, d’une téléfax et d’une photocopieuse importante devient indispensable. Enfin, des travaux de rafraîchissement des étages et le remplacement des fenêtres du vieux bâtiment, côté bureaux, à Russeignies doivent être exécutés.
Pour tous les enfants du home une journée à Meli est organisée et le transport est organisé dans les voitures de personne bénévoles. Toutes les personnes qui ont participé à cette journée en gardent un souvenir très profond tant la joie et le bonheur des enfants étaient marqués sur leurs visages et dans leurs yeux.
Sans vouloir rentrer dans les détails de la subsidiation des établissements comme le nôtre, il est intéressant de savoir que ceux-ci se divisent en :
1) Subsides de masse salariale : Ils sont basés sur les sommes dépensées en 82 divisé par le nombre de membres de personnel et multiplié par le nombre de personnel accepté en fonction du nombre de lits agréés. Etant donné que les salaires augmentent avec l’ancienneté, une adaptation peut être demandée si cette masse ne suffit pas. En 90 nous l’avons demandée et cela a été accepté à 85% mais pour 91, 92 et 93 aucune adaptation n’a été acceptée… manque de sous ! En cas de diminution de capacité subsidiée, la masse salariale est diminuée au prorata. L’indexation n’est pas automatique : le ministre fixe un coefficient annuel d’adaptation basé sur l’index, les jours de congés supplémentaires, les promotions sociales… et les disponibilités financières du ministère. En 1993 cette masse salariale est de 41 millions.
2) Subsides de fonctionnement : subsides fixes basés sur la capacité subventionnée et qui couvrent les frais de literie, lingerie, assurances, produits d’entretien, entretien des locaux, eau , gaz, électricité, combustibles, frais de bureau , frais de déplacement du personnel, frais d’occupation d’immeuble. Ces subsides sont indexés. Les frais fixes de 1993 sont de 5,5 millions.
3) Subsides personnalisables : payés par journée de présence des enfants. Ils couvrent les frais d’alimentation, habillement, blanchissage, frais pharmaceutiques courants, toilette et coiffure, activités éducatives, surveillance médicale, culte. Ces subsides sont indexés. Les frais personnalisés de 1993 sont de 6,3 millions.
4) Les frais spéciaux : ces frais sont rentrés nominativement chaque mois. Il s’agit de frais médicaux, pharmaceutiques, lunettes, kiné, logopédie. Un forfait avait été fixé en 87 pour les frais scolaires, camps, transport. Certains frais scolaires peuvent être introduits hors forfait pour les enfants se trouvant en enseignement technique ou professionnel et qui ont des besoins particuliers. Les frais spéciaux de 1993 sont de 1,7 millions.
Afin de répondre à différentes demandes nous obtenons que toute personne qui, depuis le début janvier 93, nous fait un don de 1.000 Fr. et plus pourra déduire ce montant de ses revenus déclarés.
Pour que les différents groupes puissent profiter d’un peu d’argent au cours des vacances, ils prennent ensemble l’heureuse initiative de mettre sur pied, chaque année vers le mois de mars/avril, un souper au fromage agrémenté d’une tombola.
Pour répondre aux exigences des pompiers pour la sécurité incendie, l’annexe de Frasnes nécessite des frais assez élevés ce que l’asbl ne désire pas faire étant donné que ces maisons ne lui appartiennent pas mais sont louées au Logis Tournaisien. Par ailleurs nos études antérieures avaient montré que les frais d’électricité et de chauffage étaient fort élevés pour ces trois maisons construites assez légèrement. Tout cela mis ensemble, il est décidé de plutôt envisager les possibilités d’achat d’une maison.
Ayant en vue notre projet d’acquisition d’une maison, nous contactons l’organisation 48.81.00 en vue d’obtenir un don pour couvrir les frais de matériel de détection d’incendie tant pour Russeignies que pour Dergneau. Nous contactons également la Loterie Nationale pour couvrir les frais d’aménagement à Dergneau. Nous écrivons aussi à l’évêché de Tournai pour une demande de prêt dans le cadre des opérations ‘ Bâtir avec notre évêque’ ; nous lui envoyons tous les documents montrant notre activité passée et présente et obtenons un accord de prêt de 500.000 Fr., sans intérêt.
En janvier 94 l’acte d’achat d’une grande maison avec jardin située à Dergneau, Rue Francheterre N°3 est signé. L’aménagement de cette maison sera terminé pour le mois de mai.
Le préavis pour les maisons de Frasnes est envoyé au Logis Tournaisien. Vu le prix payé et les frais à réaliser, les calculs montrent que par un amortissement en 10 ans cet achat nous reviendra à 50% des loyers payés à Dergneau. Cet achat et le déménagement dans une maison plus familiale aura aussi un impact très positif sur les enfants et sur les éducateurs dont le travail sera facilité. Quelques réunions d’équipe amélioreront l’esprit qui régnait à Frasnes.
Une salle de jeux y est aménagée : les fenêtres et les portes sont remplacées, les murs plafonnés et le sol carrelé. L’inauguration officielle de la maison se fera le 4 novembre.
Avec dans la tête le souvenir de la journée à Méli, une sortie similaire est organisée pour une visite à ‘ Bellewaerde ‘ Elle aura lieu le jour de la fête de la communauté française.
Pour l’année 95 nous prévoyons l’achat d’un minibus de 17 place pour lequel une intervention de 300.000 Fr. pourrait être obtenue du ‘ United Fund for Belgium ‘ auprès duquel Monsieur et Madame Herman Decroo nous ont introduits. Cet achat sera cependant reporté d’un an, car nous avons dû faire des frais importants au minibus existant afin qu’il puisse servir à transporter les enfants le 1er juillet pour le camp de vacance en Espagne.
En 95 l’asbl fête ses 25 ans et surtout peut féliciter et remercier le personnel pour leurs années de service : 10 ans pour Christelle Louesse, Jean-Paul Flamme et Jean-Luc Pierard, 20 ans pour Marie-Claire Laureyns et 25 ans pour Bernadette Masure. Pour cela, il sera demandé aux membres de l’asbl de se réunir à la fin du prochain goûter aux crêpes pour les remercier en même temps que le personnel jubilaire. Le 24 Mai 1996 une réunion festive est organisée au home avec les membres de l’asbl et tout le personnel afin d’y remettre les cadeaux d’anniversaire et des assiettes en étain en souvenir des 25 ans au service des enfants. L’occasion est ainsi également donnée de présenter deux nouveaux membres de l’asbl, à savoir Monsieur Jacques Vandeputte et le docteur Henry Thérasse, que nous remercions d’avoir accepté avec enthousiasme de nous aider dans notre action.
Afin d’abriter les voitures du home, la décision est prise de transformer le préau existant mais en mauvais état en garage.
Depuis le 1er janvier 96 le ministère impose un nouveau plan comptable et le passage de l’expert comptable est attendu avant de signer l’approbation des comptes et des bilans. Il en ressort que dans le bilan une somme importante doit être provisionnée pour le pécule de vacance.
En début 97, la ministre, afin de faire des économies, envisage de diminuer fortement les grandes maisons comme la nôtre et de diminuer le nombre de lit agréé nettement en dessous de 60, ce qui nous ferait perdre de nombreux emplois. Elle souhaite en même temps donner la possibilité à ces institutions la possibilité de se réorienter pour devenir des services polyvalents.
Devant ces décisions ministérielles, la direction propose de mettre sur pied un projet de centre d’observation et d’orientation, qui reprendrait une partie des enfants du home, notamment ceux qui sont hébergés à Russeignies. L’asbl donne son accord pour que les implications d’un tel projet soient étudiées et remet à plus tard sa décision définitive.
En mai 97, nous recevons une lettre du Ministre des finances qui au nom de la Loterie Nationale nous annonce un subside de 792.000 Fr. pour l’achat et la rénovation de la maison de Dergneau. Ce subside s’accompagne de la constitution d’une hypothèque au profit de la Loterie pendant une durée de dix ans. Cette exigence ne nous ennuie pas trop puisque nous n’avions aucune intention de revendre la maison dans les dix ans.
L’état des finances se rétablit mais les membres de l’asbl veulent rester prudents. Cependant au vu du tableau des amortissements et de la répartition de ceux-ci sur les dix années qui suivent, l’asbl décide de réaliser cette année encore le remplacement de châssis dans les bureaux et des gouttières avant de Russeignies. Les gouttières à Dergneau et celles de derrière à Russeignies seront renouvelées en 98.
Au mois de mars, suite à un rapport des pompiers, nous avons dû placer une nouvelle issue de secours à la maison de Dergneau.
La participation aux goûters aux crêpes est de plus en plus importante et c’est avec joie que nous voyons arriver les motards qui en ont fait un but de leurs balades : nous sommes très heureux de leur venue et de la sympathie qu’ils dégagent. Nous les en remercions chaleureusement. Nous n’oublions évidemment pas tous ceux qui se dévouent pour la réussite de ces goûters et les membres de l’asbl les ont invités à une petite réception de remerciement.
Les enfants ne sont pas oubliés : une belle journée à Bellewaerde à été organisée pour eux.
A partir du 1 novembre 98 l’inspection du travail exige que chaque heure mise à la disposition de l’employeur soit prise en compte. Les huit heures de surveillance de nuit doivent donc être payées comme 8 heures prestée et non plus forfaitairement, comme ce l’était jusqu’à maintenant. Personne ne conteste cette application rigoureuse de la loi mais aucune compensation salariale n’est octroyée à cette date. Cette modification entraînerait pour 1999 un déficit de masse salariale de 1,7 millions.
En 1998 les frais de personnel sont de 45,6 millions et les frais de fonctionnement de 6 millions.
La loterie nationale continue comme chaque année à nous verser un subside de fonctionnement et nous avons le plaisir de recevoir cette année un chèque de 384.000 Fr.
Le 29 janvier 99, par 22 voix pour et 13 voix contre, le home a vu l’installation en son sein d’une délégation syndicale qui reste toujours active.
Afin de rendre les contacts et les rapports plus faciles entre la direction et les différents groupes, l’informatique est renforcée par l’achat de quatre nouveaux ordinateurs. Comme il s’agit d’un investissement assez important de l’ordre de 3/400.000 fr. des devis ont été demandés à quelques firmes spécialisées capables de nous fournir également les programmes indispensables et le suivi de ceux-ci.
Pour les camps de vacance des enfants de cette année, l’asbl a loué pour un mois deux gîtes ruraux en Provence. Trois groupes ont pu s’y succéder pour une durée de 10 jours chacun. Etant donné la satisfaction de tous ceux qui ont participé à ce camp, la décision a été prise de relouer au même endroit pour l’année suivante tout en allongeant la durée : un mois et demi, soit trois groupes de quinze jours. D’autres camps se sont tenus en Ardennes : dix jours pour le groupe des garçons et dix jours pour les petits des annexes de Renaix et de Dergneau.
En septembre 99 l’asbl revoit toutes ses assurances ( loi, incendie, voitures, responsabilité civile) et pour en faciliter la gestion elle confie l’ensemble à un courtier, tout en gardant la même compagnie pour certains contrats.
En début 2000, l’asbl prend une décision fort importante car elle décide de l’avenir mais comporte un certain risque. Cependant les informations prises nous tranquillisent un peu. Une nouvelle demande d’agrément est introduite auprès du Ministère de la Communauté Française pour 30 prises en charge de situations traditionnelles d’hébergement et de 12 prises en charge dans le cadre d’un projet particulier se rapportant à l’orientation et l’observation des enfants, dont nous avions parlé en 1997. Ce projet entraîne toute une série de travaux et de transformations au niveau des bâtiments et le risque existe que le projet ne soit pas accepté par le pouvoir politique. Pour ce nouveau projet, les chambres doivent être plus grandes et pouvoir contenir un coin bureau et un coin lavabo : cela implique la destruction des cloisons intérieures en pierre existantes. Par ailleurs nous ne pouvons pas attendre car les chambres doivent être disponibles pour obtenir l’acceptation de la Commission d’agrément. Alea jacta est ! Après les vacances de Pâques, les travaux commencent rapidement afin de construire quatre chambres avec les salles de bain d’un coté et huit chambres et les salles de bain dans le nouveau bâtiment. Dans une troisième phase les locaux de séjour seront aménagés.
Le goûter aux crêpes du 11 novembre 2000 se passera dans les travaux et permettra à tous ceux qui nous aident depuis tant d’années par leur présence de voir à quoi servent leurs contributions à notre œuvre.
Cette proposition de changement important dans la structure de notre institution entraîne une multiplication conséquente des inspections du service de l’Aide à la jeunesse. Toutes sont positives mais l’inquiétude reste grande d’obtenir une réponse positive de la part de la commission d’agrément. Quoiqu’il en soit, l’asbl prend la décision de continuer et d’achever les travaux, partant du fait que si l’agréation nouvelle n’est pas obtenue et que nous devons supprimer un groupe nous resterons de toute façon à Russeignies où les transformations resteront utiles et la place suffisante, quitte à devoir nous séparer d’une maison. Nous restons confiants car les instances de placement de la région réagissent positivement et le projet, qui a reçu le nom d’Integram, répond bien à l’attente de l’arrondissement.
Au cours de la démolition des cloisons des chambres dans le nouveau bâtiment et à cause, sans doute, des vibrations et des chocs, nous avons des doutes concernant la stabilité de la construction et, par mesure de sécurité, devons arrêter les travaux. Après inspection de l’architecte et d’un ingénieur, il est décidé de bâtir des colonnes de soutien de chaque coté du bâtiment afin d’assurer la bonne tenue de l’édifice.
L’avancement des travaux est satisfaisant et l’agencement des locaux de séjour peut débuter. Nous croyons qu’ils seront terminés pour les grandes vacances de 2001.
Le 10 mai 2001, je me rends à Bruxelles, avec le directeur Monsieur Deplechin, l’assistante sociale et un éducateur, pour nous présenter à la commission d’agrément. Après une salve de questions pendant plus d’une heure trente et portant toutes sur notre projet Integram, le vote secret a lieu. Un avis positif est donné pour la conformité et l’opportunité du projet SAAE ( correspondant à l’organisation antérieure) mais l’avis est négatif tant pour l ‘opportunité que pour la conformité de notre nouveau projet Intégram. L’avis majoritairement négatif devant être motivé, la commission nous signale que le refus provient du fait qu’elle ne reconnaît pas de particularité vis à vis d’un Centre d’Observation et d’Orientation : il s’agissait donc d’un projet COO ( qui n’aurait pas pu, selon certains membres être présenté dans le cadre de la réforme ) et non d’un projet particulier SPP. Nous étions fort déçus et notre retour ne fut pas joyeux mais pas non plus désespéré : La commission n’avait pas remis un avis négatif sur le contenu du projet mais bien sur la forme par laquelle il était présenté. Il fallait donc changer la forme et non le fond. L’inspection pédagogique nous donnera des pistes possibles et nous contacterons le cabinet ministériel rapidement.
Dans les jours qui suivirent, les membres du bureau de la commission d’agrément nous proposent d’annuler le projet intitulé SPP et de présenter pratiquement la même chose sous l’intitulé COO. Les modifications les plus importantes sont :
– le délai de prise en charge : trois mois avec la possibilité de prolonger deux fois d’un mois au lieu de notre proposition de 15 jours à 6 mois maximum.
– le nombre de prises en charge : nous avions prévu 12 enfants alors que le nombre est réduit à 10 dans le projet COO, ce qui implique une diminution de frais fixe de fonctionnement de l’ordre 500.000 Fr.
– une petite modification au niveau de l’encadrement car il manquait un mi-temps psychosocial.
Les membres de l’asbl donnent leur accord pour que ce projet soit défendu devant la commission..
Cette période d’attente est entrecoupée par de bonnes nouvelles : la Loterie nationale nous verse son subside de fonctionnement de 198.000 Fr. et l’association United Fund nous confirme son intervention de 400.000 Fr. pour les travaux aux bâtiments.
A la mi-décembre 2001 je me rends pour la deuxième fois à la commission d’agrément en compagnie de Monsieur Deplechin, de l’assistance sociale et d’un éducateur. Après quelques questions, les membres ont remis leur vote : l’avis fut positif à presque l’unanimité. L’enthousiasme était grand lors du retour en voiture. Il ne nous restait plus qu’à attendre le feu vert du Ministre. Celui-ci ne nous arriva que le 13 décembre 2002, soit un an plus tard.
A la fin 2001 les 12 chambres étaient terminées et dès le mois de janvier nous entamons les travaux des locaux communs, des toilettes, de la cage d’escalier, de la grande salle qui comprendra la cuisine et le coin de séjour. Etant donné que l’application de carrelage dans le corridor d’entrée du home a donné de bons résultats en préservant la propreté, il est décidé, malgré le coût, de carreler également la montée d’escalier.
Le 1er mars 2002 une réception rassemble les membres de l’asbl et le personnel afin de les remercier pour le travail fourni et fêter les anniversaires d’ancienneté au home.
Cette année, nous avons également le plaisir de pouvoir accueillir au sein de notre asbl un nouveau membre en la personne de Stéphane Deman. Il s’agit d’un expert comptable de la région de Mouscron qui assurément pourra nous aider par sa compétence, son dynamisme et sa générosité.
Lors de notre réunion d’avril 2002, Monsieur Loncke nous fait part du fait que Monsieur Mercier, doyen de Mouscron, et avec lequel il avait longtemps collaboré, était décédé et avait légué par héritage à notre association une somme d’environ 500.000 Fr. C’est avec émotion et reconnaissance que nous avons reçu ce don.
A cette même époque, les responsables de l’école Saint Joseph, dont les bâtiments appartiennent à l’asbl, nous ont contactés suite à une inspection des autorités de l’enseignement. L’école est menacée de fermeture si des travaux importants ne sont pas entrepris, entre autres à la toiture. D’autre part, pour que le Pouvoir Organisateur de l’école puisse entreprendre de gros travaux au bâtiment, en bénéficiant des subsides de l’état, il est nécessaire qu’il en soit propriétaire ou locataire avec un bail emphytéotique d’au moins 40 ans. De longues réunions importantes eurent lieu avec le notaire, Monsieur le curé, la directrice de l’école et deux membres du PO de l’école. En tant que propriétaire les travaux nous incombaient si nous voulions garder l’école, mais nous n’étions pas ‘chauds’ de faire de telles dépenses pour maintenir un établissement dont la disparition était prévue pour les années prochaines vu les difficultés à réunir le nombre d’élèves nécessaire et le désir des autorités de réaliser les fusions entre les écoles de l’endroit. Comme par ailleurs l’asbl ne désirait pas octroyer un bail emphytéotique pour des raisons fiscales d’une part et pour des raisons liées à l’acte de donation d’autre part, sa décision fut de se dessaisir au profit du PO de la partie du terrain correspondant aux bâtiments mais pas la cour, quitte à devoir y faire quelques travaux. Nous nous libérions ainsi de l’obligation de prendre en charge l’entretien de l’école. L’acte de cession devrait inclure que ces bâtiments nous reviendraient dans le cas où l’école arrêterait ses activités. Cette cession ne pouvait toutefois se faire qu’à la condition que l’évêché modifie l’acte initial de donation du home disant qu’en cas de dissolution de l’asbl les bâtiments reçus devraient retourner à l’évêché. Cette modification nous intéressait car en plus du fait que ceux-ci avaient été fortement modifiés à nos frais ils pourraient éventuellement nous servir pour couvrir certaines obligations en cas de dissolution, malgré que cette fin soit très loin de nos pensées. Mais bien gouverner, c’est prévoir !
En février 2003, a lieu une inspection à l’improviste de la maison de Dergneau : le rapport qui en est fait par l’inspecteur est très positive. Il va sans dire que cela fait bien plaisir à la direction, aux éducateur et à nous-mêmes. Une autre inspection a également eu lieu à la maison de la Pierre Bleue en début Avril. Integram recevra la visite de l’inspecteur le mois suivant.
A titre indicatif et pour monter que l’Espoir est une maison importante, une véritable petite entreprise avec tout ce que cela comporte, notons que les frais de personnel en 2002 sont d’un peu plus de 1,4 millions d’Euros soit près de 58 millions de francs belges.
Pour répondre aux exigences de l’ONSS et également pour l’amélioration et l’efficacité de la gestion journalière, des modifications assez importantes ont été entreprises dans le système informatique par l’achat de programmes plus performants. Le programme, nommé Isabel, qui est installé sur l’ordinateur de Monsieur Donnez, directeur administratif, permet de réaliser la signature des payements au moyen d’un code secret. Pour faire ce transfert à la banque je me rends chaque mois au home, vers le 5 du mois, afin de vérifier toutes les factures encodées ainsi que les salaires et indemnités puis de faire le virement total correspondant. Il est vite oublié le temps où je devais signer plusieurs dizaines de virements-papier à la suite les uns des autres, ce qui a modifié totalement ma signature !
L’asbl L’Espoir comporte donc maintenant deux agréments au lieu d’un agrément pour 66 lits :
1) Un Centre d’Observation et d’Orientation COO ( Integram ) qui est agrée pour 10 prises en charge d’enfants placés entre 3 et 5 mois. Ce centre occupe 16,5 emplois temps plein. Il reçoit en subside de fonctionnement mensuellement 5790 euros et en subside de masse salariale mensuellement 52.040 euros
2) Un Service d’Action et d’Aide Educative SAAE ( les annexes de Renaix et Dergneau ) qui est agréé pour 2 fois 15 prises en charge d’une durée d’un an renouvelable. 20 employés travaillent pour ce service. Les subsides de fonctionnement mensuels s’élèvent à 6542 euros et les subsides de masse salariale mensuels sont de 65.088 euros.
Les trois membres de la direction, compris dans ces chiffres ci-dessus sont administrativement répartis dans les deux services.
Chacun des projets pédagogiques doit disposer d’une comptabilité analytique qui en fin d’année sont regroupées et condensées en une seule. Pour répartir les dépenses celles-ci sont soit affectées directement au projet pédagogique clairement concerné soit réparties en fonction d’une clé de répartition dans les deux projets.
En juillet 2003 nous avons la tristesse d’apprendre le décès de notre membre Monsieur Jacques Piessevaux : il était un membre très assidu aux réunions de notre asbl dont il faisait partie depuis le début. Bien souvent, il nous a aidés de ses conseils et tous nous lui en sommes reconnaissants. Un hommage lui fut rendu et une prière fut dite pour le repos de son âme. lors de la réunion suivante.
En fin 2003, un voisin de la salle Saint Paul d’Anseroeul nous contacte pour exprimer son désir d’acheter ces bâtiments qui jouxtent son jardin. Comme depuis quelques temps l’utilisation de cette salle diminue fortement et que presque plus personne ne désire louer la salle pour y organiser des fêtes ou des mariages cette demande retient l’attention de l’asbl, qui s’inquiète cependant de la réaction des gens du village sur le fait que nous vendons cette salle.
En 2004 un nouvel exutoire de fumée, agréé par les pompiers sera placé à la place de l’ancien qui laisse passer la pluie et le vent. Ceci permettra également d’améliorer la clarté du couloir menant au 2eme étage. Pour le projet de la Pierre Bleue nous achèterons une camionnette.
Le 18 juin 2004 nous avons le plaisir d’organiser une porte ouverte avec barbecue au sein de Integram afin d’y recevoir pendant la journée les professionnels du secteur de l’aide à la jeunesse et le soir tous les bénévoles et amis du home.
L’asbl du Lions Club de Renaix décide de fermer cette année la maison « Le Clair Logis » qu’elle a à Russeignies et nous avons des contacts avec ce service club afin de reprendre chez nous certains enfants et du personnel de chez eux. Pour cela, une augmentation de capacité de notre COO est demandée au ministère. Le 1er mars 2005 nous recevons cette augmentation : l’agrément est porté à 13 prises en charge soit 8 pour une tranche d’âge de 3 à 18 ans pour les garçons et 5 pour une tranche d’âge de 3 à 18 ans pour les filles. En remerciement de cette collaboration et de cet accord le Clair Logis nous fait don de beaucoup de matériel et de mobilier.
Etant donné le danger que représente le fait que le jardin de la maison de la rue de la Pierre Bleue n’est plus convenablement protégé de la rue, il est décidé de remplacer d’urgence des plaques de béton pour clôturer le jardin.
C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de notre vice-président Monsieur Jacques Debouvrie. C’était un pilier de notre asbl et du comité de soutien. Après 35 ans de rapports chaleureux, il était devenu un véritable ami sur lequel le home pouvait compter. Nous pouvions tous nous appuyer sur lui et sur son dévouement sans borne. Sa constante bonne humeur égayait toutes nos réunions d’asbl, même lorsqu’elles étaient difficiles. Nous ne savons pas lui dire assez merci. Tu nous manques, Jacques…
A l’unanimité, le conseil d’administration prend la décision de nommer Jacques Vandeputte en tant que vice-président.
En fin 2005, nous prévoyons des travaux à la toiture au dessus des deux annexes servant de buanderie et de réserve à la maison de Dergneau.
De plus, afin d’alimenter en eau chaude les douches des 13 enfants d’Integram nous profitons des primes importantes offertes par la région wallonne et la province pour modifier les arrivées d’eau et installer des panneaux solaires sur le toit du home Une installation de panneaux solaires fut également réalisée à la maison de Dergneau.
Afin de répondre le mieux possible aux objectifs d’un centre d’observation et d’orientation un plan de travail spécifique est établi par le directeur, Monsieur Deplechin, pour chacun des membres de l’équipe attaché à Integram. En effet, ce travail est fort différent de celui demandé pour le suivi des enfants placés à plus long terme. Chaque éducateur doit créer, développer, évaluer et mettre continuellement en pratique des moyens éducatifs adaptés à chaque individu. Il doit, lors des réunions, contribuer à l’établissement des pistes d’observation et d’action et assumer plus particulièrement son rôle de référent en s’y engageant de manière dynamique par la mise en place et le repositionnement régulier de ce rôle grâce à sa réflexion sur la pratique quotidienne.
Le directeur pédagogique, Monsieur Flamme, en poste au home depuis 20 ans à notre entière satisfaction, a des difficultés à s’adapter à ces changements importants mais essentiels à la réussite du programme du COO. Après plusieurs discussions avec moi-même et les membres de l’asbl, il a préféré qu’un accord mutuel soit pris pour qu’il puisse prendre une nouvelle fonction ailleurs.
Les membres de l’asbl ayant donné leur accord pour la vente de la salle Saint Paul, les tractations entre Monsieur le curé d’Anseroeul, les acquéreurs et nous-mêmes finirent par aboutir à la satisfaction de chacun. De notre coté, cette opération nous a permis d’obtenir de l’évêché la renonciation de l’obligation de remettre à l’évêché tant le home que la salle Saint Paul en cas de dissolution de l’asbl L’Espoir. Depuis lors, tous les terrains et bâtiments nous appartiennent donc sans limitations
Pendant l’année 2007 nous avons entrepris des travaux importants tant à Dergneau qu’à Renaix :le remplacement des châssis qui étaient en mauvais état et munis de simple vitrage.. Pour nous remercier de les avoir aidés dans la fermeture, sans ennui, de leur home .le Lions Club de Renaix nous gratifia d’un chèque de 5000 Euros. comme participation aux frais de ces travaux.
La centrale d’alerte incendie à Russeignies du être remplacée d’urgence et des adaptations pour la télévision durent se faire à Renaix et à Dergneau..
Une nouvelle difficulté se fit jour suite à la demande de Monsieur Pierre Donnez, directeur administratif, de pouvoir profiter à mi-temps du fonds Old Tmier, qui, à certaines conditions, permet de prendre une sorte de pré-pension à mi-temps tout en gardant la possibilité de revenir au travail à plein temps à n’importe quel moment, sur simple demande. Comment trouver un remplacement de qualité à mi-temps et sans donner la garantie de stabilité de l’emploi ? Heureusement nous l’avons trouvé dans la personne de Madame Cornu Mairy, qui se mis rapidement au courant du travail à faire en collaboration et ensuite en remplacement de Monsieur Donnez, qui malheureusement du souvent s’absenter pour cause de maladie.
Depuis quelques années, les instances de placement de l’arrondissement de Tournai avaient attiré l’attention sur le manque de possibilités d’accueil d’urgence et à court terme pour les enfants et adolescents et l’impossibilité de prise en charge de ceux-ci dans des familles d’accueil encadrées. En vue d’étudier la possibilité de combler ce vide, L’Espoir a mis en œuvre un projet pilote soutenu par le Ministère de la communauté française : Relais – Famille. Cette étude, limitée à un an, fut prise en charge par une psychologue et une assistante sociale, assistées par la direction du home. Il s’agissait en premier lieu de rassembler des familles susceptibles d’accueillir des enfants en urgence et à court terme, ensuite d’ encadrer les situations tant dans la famille d’accueil que dans la famille d’origine pour tâcher de surmonter la situation problématique et enfin d’évaluer le travail avec l’ensemble des acteurs afin d’établir des critères de base nécessaires à la création d’un projet d’accueil d’urgence. Ce projet fut mené à bien et ses résultats permirent la mise sur pied de certaines initiatives.
En 2007, nous avons le plaisir d’accueillir une nouvelle administratrice au sein de notre asbl : Madame Christelle Louesse n’est pas une inconnue puisque pendant plus de 20 ans elle a travaillé au home en tant qu’assistante sociale. Appréciée de tous ceux qui l’avaient connue, elle fut acceptée à l’unanimité.
Pour remplacer le directeur pédagogique, le conseil d’administration a choisi de nommer quelqu’un de l’intérieur connaissant déjà les services plutôt que d’engager quelqu’un d’inconnu venant de l’extérieur. Madame Laetitia Delplanque qui connaît bien les objectifs et le fonctionnement des différentes équipes et qui a établit de bonnes relations avec la direction et tous les membres du personnel a été nommée. Tous les échos qui parviennent aux membres du conseil sont favorables.
En début d’année, la plate-forme des bâtiments de l’ancienne école s’envola sous l’effet d’un vent de tempête. Les réparations purent se faire rapidement étant donné que notre assurance couvraient ces dégâts.
Depuis un an ou deux, nous étudiions les possibilités de transformation dans la maison de Renaix, car les sanitaires et les douches étaient dans un piteux état. Nous avions envisagé d’acheter deux petites maisons en ruine voisines de la nôtre et appartenant à la ville mais celle-ci ne donnait aucune réponse. Finalement nous décidons de construire un étage supplémentaire au-dessus de la place de séjour couverte par une plate-forme. Les plans établis par l’architecte permettaient d’avoir trois chambres avec lavabo supplémentaires, deux w.c., une salle de bain, une douche et deux lavabos pouvant servir aux chambres existantes. Cette transformation nous semblait idéale mais nous ne purent pas obtenir le permis de bâtir pour une raison qui nous semble peu raisonnable… pour ne pas dire plus :la distance vis-à-vis de la rue de l’arrière du bâtiment serait un peu trop grande pour le second étage, alors qu’elle ne dépasse pas ce qui est déjà existant au rez de chaussée. Allez comprendre ! Ce projet de construction est donc abandonné, mais un autre plan est établi en sacrifiant le garage qui ne nous est pas réellement indispensable. Toute l’aile droite est ainsi transformée : après une porte d’entrée secondaire par laquelle peuvent entrer les enfants, nous avons un petit débarras, deux w.c., des lavabos, deux douches, une salle de bain, une cuisine réaménagée et une buanderie.. Une ouverture dans le mur donne accès au couloir principal qui mène aux pièces de séjour et au jardin. La transformation est une réelle réussite ! A cause de ces changements, les enfants ne peuvent plus profiter du garage pour y ranger leurs vélos et leur matériel, c’est pourquoi nous achetons un chalet à installer dans le jardin où ils peuvent accéder par une porte latérale sans traverser la maison. Ces travaux furent complètement terminés à la fin de l’année 2008.
L’inspecteur pédagogique qui visitait le home régulièrement depuis des années ayant pris sa pension, Le SAAE, tant à Renaix qu’à Dergneau, et le COO eurent la visite d’une nouvelle inspectrice dont les rapports furent élogieux ce qui bien évidemment nous fit bien plaisir. Je reprends ici une partie des conclusions de cette inspectrice : « Le travail éducatif au quotidien prend tout son sens. Il est réfléchi, débattu, affiné, organisé, pour répondre efficacement aux besoins individuels de chaque jeune confié. L’attitude éducative pertinente et cohérente est recherchée par un travail de mise en commun des expériences éducatives de chacun. Les équipes rencontrées affichent un dynamisme positif à souligner et à encourager »
En juin 2008, les enfants qui n’avaient pas la chance de pouvoir retourner en famille furent invités par les membres du Kiwanis de Renaix pour un déjeuner copieux suivi d’une longue promenade fort intéressante et amusante parmi les tentes dressées dans une prairie par le groupe Historia Mundi. Nous remercions encore ici ce service club et tous les membres qui se sont dévoués pour offrir aux enfants cette belle journée. Un énorme merci aussi au service club Kiwanis de Renaix qui a accepté de nous aider financièrement pour les transformations de la Pierre Bleue en nous envoyant un chèque de 2500 Euros.
Pendant les années 2009 et 2010, de très grands investissements eurent lieu à Russeignies. En effet dans le cadre du plan Ureba, la région wallonne intervient pour 90% du coût des travaux d’amélioration des bâtiments qui permettent de faire des économies d’énergie. Comme plus d’une centaine de châssis n’ont pas encore de doubles vitrages et que les chaudières, dont une est en panne, ont plus de 20 ans, l’occasion est à saisir. Ces transformations nous assureront de grosses économies dans l’avenir car, à elles seules, les nouvelles chaudières nous garantissent une économie de 30% sur le mazout. Dans cette modernisation des bâtiments, la Région Wallonne interviendra pour près de 133.000 Euros. Nos impôts sont parfois bien utilisés !
Pour le Goûter aux crêpes, l’année 2009 fut l’année de tous les records. Le beau temps était au rendez-vous et les motards, qui pendant leur promenade ont prévu un arrêt au home pour nous dire bonjour, se ravitailler et boire un café ou un verre ( d’eau ? ), étaient fort nombreux : plus de 850 !! Un tout grand merci à eux tous pour leur présence, leur gentillesse, pour l’ambiance qu’ils mettent et pour la véritable exposition de motos.
Depuis quelques mois, nous avions appris que la santé de notre ami Milo Pire n’était pas des meilleures mais heureusement les nouvelles que nous recevons montre une bonne amélioration. Toutefois la fatigue reste présente et c’est avec regret que nous recevons sa demande d’accepter sa démission en tant qu’administrateur. Toute l’équipe a reçu cette demande avec regret et le remercie pour son attachement au home et pour sa fidélité remarquable pendant tant d’années, signe de son amour pour les enfants qui nous furent confiés.
Pour le Goûter aux crêpes de 2010 ce fut un désastre : les années se suivent ne se ressemblent pas car après une année record l’on a une année au résultat des plus faibles : le temps était totalement contre nous. Un temps à ne pas mettre un chat dehors ! Du vent en rafales et des trombes de pluie ! Félicitations et grand merci aux motards qui malgré tout ont voulu être présents pour nous démonter leur soutien.
L’année 2011 emmena son lot de modifications administratives et bancaires dont je passe ici la complexité et la nécessité de remplir des masses de paperasses devant porter la signature de différentes personnes du conseil d’administration et/ou des membres de la direction. La directrice administrative a du faire preuve de beaucoup de patience !
Voilà l’année 2012 qui s’ouvre à nous. Le travail habituel continue et tout semble bien se passer pour les enfants accueillis dans les trois maisons du home. Le projet qui est à l’étude est la transformation et le renouvellement des sanitaires et de la cuisine de la maison de la rue de la Francheterre à Dergneau. Il s’agit d’un investissement conséquent mais que nous voulons réaliser avec le même soin que celui que nous avons apporté aux changements réalisés à Renaix et qui donnent entière satisfaction.
Avant de terminer ce petit historique, je m’en voudrais de ne pas remercier encore tous ceux qui ont été à mes cotés pendant toutes ces années et en particulier tous les membres de l’asbl L’Espoir et du Comité de soutien sans lesquels tout cela n’aurait pu exister. Je n’oublie pas non plus toutes celles qui, au cours de ces quarante années nous ont procuré plus de 250.000 crêpes dégustées au cours de ces goûters et dont malheureusement plusieurs ne seront plus là pour entendre mes mots de reconnaissance. Merci à ceux qui ont apporté des habits, des livres et des jeux pour les enfants. Merci aussi au groupe qui depuis de très nombreuses années joue chaque année une pièce de théâtre au profit du Comité de soutien. Un immense merci enfin aux dizaines de volontaires qui ont rendu possible les goûters aux crêpes : ceux qui ont vendu les cartes d’entrée, ceux qui ont obtenu les prix de la tombola, ceux qui dans le froid et la pluie ont accueilli et dirigé les visiteurs et les motards, ceux qui ont servi dans les différents bars, ceux qui y ont fait le service, ceux qui ont sucré les crêpes, ceux qui les ont apportées aux convives, celles qui ont vendus avec enthousiasme et gentillesse les lots de la tombola, ceux qui ont transpiré abondamment auprès du feu pour réchauffer les crêpes, celle qui avec sa famille a préparé le café et les sandwichs, celui qui était à la caisse, ceux qui ont dressé les tables et les chaises et les ont remis en place en fin de soirée et tous ceux enfin que j’oublie ici mais savent qu’ils nous ont aidé à faire avancer notre projet. Mes remerciements vont aussi à tous les membres de la direction du home, aux éducateurs et au personnel d’entretien : tous contribuent à leur manière à l’éducation, au bien-être et au bonheur des enfants qui nous sont confiés.
Après avoir lu toutes ces lignes, vous me direz sans doute que dans toutes ces pages, je parle très peu des enfants et des jeunes qui habitent ou sont passés dans les maisons du home. Cela est évidemment bien vrai et je le regrette, mais sachez bien qu’à aucun moment je ne les oublie ; jamais je ne perds des yeux que c’est pour eux et uniquement pour eux que tout cela a été fait et continuera à se faire. La discrétion et la déontologie m’impose ce silence mais je puis vous avouer que lorsque je vais leur rendre visite ou que je rencontre un « ancien » mon cœur est plein de joie du devoir accompli.
