Un peu d’histoire…
En avril 1880, la maison – mère des Sœurs de la Miséricorde de Renaix achète une parcelle de terre de 1 ha 36 a, située sur la chaussée entre Russeignies et Amougies, à mi-chemin des deux communes. Sur ce terrain, une école et une habitation sont construites dans le but de dispenser l’instruction aux fillettes des deux paroisses. Les travaux commencent le 1er mai 1880 ; le bâtiment s’achève fin septembre. Les classes s’ouvrent le 1 octobre 1880. Une sœur se charge de l’école primaire, une autre de l’école gardienne.
Avec la guerre scolaire, les écoles communales de Russeignies et d’Amougies mettent sur pied une propagande acharnée en faveur de leur enseignement et l’école des Sœurs, assez éloignée, est abandonnée.
Le manque d’élèves contraint les sœurs à fermer l’école. Elles ouvrent alors un pensionnat pour petits garçons jusqu’à l’âge de la communion solennelle, soit 11 ans. Rapidement, le pensionnat prend de l’ampleur.
En 1893, une chapelle spacieuse est bâtie et sous la chapelle, une salle de jeux.
En 1900, l’évêque interdit d’accepter des garçons au-delà de 9 ans dans les pensionnats dirigés par les sœurs. L’ordre fut exécuté pendant les grandes vacances. Il en résulte une population si peu nombreuse qu’on décide de fermer le pensionnat. On l’ouvre à nouveau deux ans après.
La guerre scolaire apaisée, les écoles gardiennes et primaires pour jeunes fillettes reprennent les cours en 1901. De 1901 à 1911, l’école est subsidiée. En 1911, l’école primaire est agréée.
En 1904, la situation géographique favorable des bâtiments décide Monseigneur Stillmans à les employer comme « colonie scolaire pour les enfants chétifs » de Gand. Il insiste même auprès des autorités de la congrégation pour supprimer le pensionnat des garçons. Le travail des colonies scolaires commence donc en 1904, et en même temps, disparaît le pensionnat pour garçons.
Toutefois, aussi bien les autorités des Sœurs de la Miséricorde que le conseil d’administration de l’œuvre des colonies scolaires déplorent que les bâtiments aussi bien aménagés ne servent que deux mois par an, c’est-à-dire pendant les grandes vacances.
Monseigneur, consulté, accepte la réouverture du pensionnat pour garçons à la condition que l’œuvre des colonies scolaires n’en soit pas gênée, et le prix de la pension abordable, afin que même les enfants des parents aux ressources médiocres y soient accueillis, et que les « enfants chétifs » de Gand y rencontrent des conditions très favorables. Un accord est signé le 30 novembre 1904 entre l’évêché et la direction des Sœurs de la Miséricorde de Renaix.
Ainsi érigea-t-on à Russeignies l’œuvre des colonies scolaires catholiques sous le haut patronage de Monseigneur Stillemans, évêque de Gand, et sous la direction de Monsieur le Chamoine Byl. L’évêque louait une partie de la maison et payait annuellement la somme de 1.200 frs. Une seconde maison de vacances fut ouverte dans une ferme, inhabitée, sise près de l’église, la » villa « . On y logea d’abord des garçons, mais quand on supprima les colonies de filles à Quaremont, la » villa » servit aussi à loger celles-ci.
Chaque année, quelque 250 garçons et fillettes viennent au couvent et dans la villa passer les grandes vacances à Russeignies sous la surveillance d’éducateurs et de monitrices.
En ces circonstances, la maison – mère de Renaix envoyait de jeunes sœurs en renfort pour préparer les repas et effectuer les travaux ménagers
En 1913, le pensionnat est florissant, On y compte 70 garçons de 3 à 9 ans. Les garçons d’un autre diocèse que celui de Gand peuvent y séjourner jusqu’à 10 ans.

En août 1914, à la déclaration de guerre, on se hâte de renvoyer les pensionnaires chez eux, car plusieurs enfants viennent de France. Le pensionnat est fermé, les colonies scolaires supprimées; l’école fonctionne de façon sporadique, surtout à la fin de la guerre.
Les deux premières années des hostilités sont relativement calmes pour le couvent; la troisième et la quatrième beaucoup moins: on doit héberger d’abord des troupes allemandes, puis des réfugiés français.
En octobre 1918, à l’exception de la chapelle et de deux chambres à coucher, les allemands occupent tous les bâtiments aménagés en hôpital.
Les sœurs, sauf trois, se réfugient à la Maison – mère et ne reviennent qu’après l’armistice.
Peu avant cet événement, devant l’approche des troupes anglaises, les allemands firent sauter la chaussée, au coin du couvent, en face du chemin de terre du Marais. Une déflagration secoua l’édifice. Les vitres volèrent en éclats. Après la guerre, les dégâts réparés, tout se réorganise.
En 1919, l’école s’ouvre à nouveau. Le pensionnat reste fermé jusqu’en avril 1920. Les colonies scolaires suivent le mouvement : des patronages de vacances, les scouts et d’autres groupements viennent se relayer à Russeignies pour quelques jours de récollection, retraite ou détente.
Mais la population scolaire diminue au fil des années. Pendant l’année scolaire 1934 – 1935, l’école primaire ne compte plus que deux classes.

Le 11 mai 1940, par suite de la guerre, les enfants rentrent chez eux. Dès le 12 mai, des réfugiés, qui veulent atteindre la frontière française, arrivent dans la maison. Les premiers viennent de Liège.
Dans l’avant – midi du 20 mai, un important détachement anglais défile devant le couvent. Les Allemands suivent de près. Le curé Mertens vient conseiller aux sœurs de rentrer à Renaix, car les allemands projettent de mettre leurs canons en batterie à Russeignies afin de bombarder les anglais au dessus de l’Escaut. Les sœurs décident d’attendre les évènements. La nuit, violent tir d’artillerie. Les sœurs se terrent dans la cave. A 11h, les allemands placent le téléphone au couvent et le lendemain matin, 80 canons ceinturent la maison. La canonnade commence à 9 h. La plupart des sœurs partent pour la maison – mère , à l’exception de quatre. Pendant toute la journée, canonnade violente. Au crépuscule, d’autres canons sont ajoutés : 207 pièces ceinturent maintenant le couvent.
Le 22 mai à 2h du matin, la grande offensive sur l’Escaut ébranle la maison jusqu’en ses fondations. Vers minuit, les allemands passent la rivière. Les canons se taisent, et le 23 mai, à midi, tous les soldats allemands sont partis.
Le 26 mai, d’autres viennent demander du logement. Ils partent le lendemain mais le 28 mai, la maison regorge à nouveau de troupes ennemies.
Le 10 juin, les classes reprennent. Seuls les enfants de la commune sont acceptés comme pensionnaires.
Dans l’école primaire des filles est créée en 1941, pour les enfants d’expression flamande, une section flamande.
La même année, un comité de sauvegarde d’Ostende adresse une demande à l’institution pour que les enfants d’Ostende, presque continuellement soumis aux bombardements aériens, puissent pendant quelques mois séjourner à Russeignies.
Le 15 septembre 1941 à l’issue des derniers pourparlers, un accord est conclu : 100 enfants seraient acceptés, qui après 3 mois feraient place à d’autres.
La nourriture est fournie par le comité et une rétribution fixe payée par enfant à l’institution.
Le 3 octobre arrivent 138 enfants accompagnés par Monsieur l’abbé Lombreu, aumônier, 6 surveillants, 5 instituteurs et une infirmière. Après quelques mois, ils rentrent à Ostende. Ils sont suivis par des enfants placés par l’œuvre » Aide aux enfants des prisonniers de guerre « .
Le 3 septembre 1944, vers 13 h, une vingtaine d’allemands passent devant le couvent. Attaqués par des maquisards, ils se retournent contre eux et pointent leurs canons vers Amougies. Heureusement, tout se tait après quelques minutes, tandis que deux granges brûlent dans le voisinage. Les allemands reprennent la route de Renaix. Peu après, plus de vingt vitres sautent en éclats par suite de l’explosion d’un dépôt de bombes volantes au château Behaeghel, situé à une demi-heure de distance. Un quart d’heure plus tard, deux jeep américaines passent devant le couvent. Les passagers saluent amicalement les sœurs.
Après la libération, les locaux retrouvent leurs destination normale : le pensionnat est réouvert et les enfants des colonies scolaires catholiques de Gand à nouveau reçus.
En 1953, la classe d’expression flamande est supprimée et remplacée par une classe francophone.
En 1960, les pensionnaires sont remplacés petit à petit par des enfants abandonnés placés par le Juge. Ceux-ci, plus nombreux que les pensionnaires, font augmenter la population scolaire et des locaux deviennent trop petits. Une nouvelle construction est envisagée à côté du Couvent, l’école St Joseph, avec 4 belles classes claires et modernes ainsi qu’une cour spacieuse de 9 ares.
En 1965, les religieuses abandonnent définitivement l’enseignement et sont remplacées par un personnel enseignant laïc.
Suite aux origines familiales des enfants venant des colonies, les religieuses créent l’orphelinat. En 1969, les religieuses engagent des laïcs afin d’assurer la direction.
Cette année – là, la » Villa » est mise en vente une première fois vu l’âge avancé des bénévoles qui s’en occupent.
C’est en 1970 que la Mère Supérieure fit don de l’orphelinat à son neveu, Monsieur DOPCHIE. Celui-ci constitua l’asbl L’ESPOIR, foyer pour garçons et filles, dont il est encore le président actuellement.
En 1970, est fondé le 11 mars le home L’ESPOIR, foyer pour garçons et filles, ayant son siège au couvent de Russeignies. Au sein de cette association se crée un comité de soutien organisant annuellement deux activités lucratives au profit des enfants du home L’ESPOIR.
En 1971, acquisition pour l’asbl L’ESPOIR , par acte de donation, des bâtiments et du jardin. Cette donation lui a été faite par l’évêché de Tournai, de Gand et les sœurs de la Miséricorde (Sancta Maria) de Renaix.
Catastrophe cette année – là : tout subside de l’état est refusé à la nouvelle asbl sous prétexte que l’agréation a été accordée à une autre personne. Il faut une nouvelle agrégation au nom de l’asbl L’ESPOIR. En attendant, il faut nouer les deux bouts pour nourrir et habiller les enfants pendant près de trois mois sans recevoir un seul franc de subside.
Heureusement, l’asbl peut compter sur une aide extérieure : celle de la Table Ronde et du Lions Club d’abord et celle du comité de soutien entourant Mr Sieuw, directeur en ces temps difficiles.
En 1972 : l’agrégation du ministère de la Justice en tant que foyer pour garçons et filles de 3 à 14 ans et en tant que foyer pour jeunes étudiants, pour un total de 63 enfants, est décernée.
En 1972, un projet de transformation des bâtiments du Couvent (non subsidiable par le ministère) est mis au point afin d’améliorer le cadre de vie et surtout afin d’aboutir à un style de vie plus familial et moins collectif.
1973 voit l’achèvement de la première partie des transformations et l’arrivée de l’aide financière de la Loterie nationale.
1977 et 1980 voient la création de deux nouvelles annexes à Renaix et à Frasnes, ceci afin d’augmenter la capacité d’accueil et d’autonomiser les groupes par des cellules plus familiales. La politique menée est la diversification et d’intégration de la population dans les différentes structures scolaires de la région.
En 1984, les arrêtés Monfils diminuent les subsides octroyés d’aide à la jeunesse. L’année 1982 est prise comme référence et la maison passe d’une agréation de 75 lits à 66, d’où licenciements en sachant que la perte de trois lits équivaut au licenciement d’un éducateur. C’est en 1984 également que le directeur actuel reprend le flambeau.
En 1987, suite aux arrêtés Poulet, des nouveaux postes sont créés dont notamment les sous-directions. Le nombre de membres du personnel passe de 32 à 36.
En 1987 – 1989 : achat d’une maison dite « la Pierre Bleue », sise rue de La Pierre Bleue à Renaix, accueillant les enfants séjournant déjà dans cette ville.
En 1990, L’ESPOIR asbl devient propriétaire par donation, de la salle des fêtes Saint Paul à Anseroeul (salle pouvant être louée par la population pour des réunions de familles), et ce dans le premier but d’en organiser la rénovation avec les jeunes non scolarisés.
En 1991, le décret d’Aide à la Jeunesse de Valmy Féaux impose des changements principalement au niveau du travail avec les jeunes et leur famille, changements déjà opérés à l’Espoir depuis longtemps.
En 1994, L’ESPOIR fait l’acquisition d’une grosse maison dite « la Francheterre », sise rue Francheterre à Dergneau. Ce logement accueille, depuis avril 94, 15 jeunes qui se trouvaient autrefois à Frasnes.
En 1999, les arrêtés d’application du décret de 1991 visent à limiter les structures d’hébergement en Communauté Française. Ce qui amène le conseil d’administration à présenter à l’agrément un projet de Centre d’Observation et d’Orientation plébiscité par les mandants de l’arrondissement judiciaire de Tournai. Ce projet de « reconversion » permettrait de poursuivre l’accueil de 15 jeunes à la Francheterre et de 15 jeunes à la Pierre Bleue dans le cadre d’un agrément en Service d’Accueil et d’Aide Educative, et de créer dans les locaux du siège social de Russeignies la possibilité d’accueil de 10 jeunes à « Intégram », dans le cadre d’un Centre d’Observation et d’Orientation. Dès 2001 l’ensemble de l’équipe éducative, psycho-sociale et technique de l’Espoir oriente son travail dans ce sens, même si les agréments officiels n’auront d’effet qu’en 2003.
En 2005, un accord est passé entre l’asbl l’Espoir et l’asbl qui chapeaute « Clair Logis », un service d’hébergement de 10 prises en charge, et qui désire clôturer leur activité agréée dans le cadre de l’Aide à la Jeunesse. L’asbl l’Espoir reprend les contrats de travail des membres du personnel du Clair Logis. En compensation, le C.O.O. Intégram voit sa capacité agréée passer de 10 prises en charge à 13 prises en charge. A la demande du Cabinet de la Ministre FONCK ayant l’Aide à la Jeunesse dans ses attributions, le COO devra accueillir en priorité des enfants de moins de 9 ans, et un travail de réflexion sur les familles d’accueil « d’urgence » doit être réalisé. Un projet pilote y sera consacré ; les conclusions de ce travail expérimental sont disponibles.
